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L'erreur du "droit à l'erreur"

"car mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie; il était perdu, et il est retrouvé. Et ils commencèrent à se réjouir."

Luc 15:24

 

Je passe beaucoup de temps à réfléchir sur toutes sortes de choses en rapport avec la Parole de Dieu. J'aime particulièrement examiner certaines de nos expressions populaires à la lumière des écritures. Arrêtons-nous à celle-ci: "il faut se donner le droit à l'erreur !". La parabole du fils prodigue nous donne de nombreux éléments de réflexion sur la pensée du Seigneur, versus le fameux "droit à l'erreur".

 

Voici donc une histoire que Jésus a racontée, que j'ai adaptée à notre réalité, sans changer le message, mis à part le fameux "droit à l'erreur" à la fin du récit, mais en demeurant dans le contexte.

Un homme d'affaire possède une entreprise florissante. Dans l’organigramme de la compagnie, ses deux fils occupent les postes d'adjoints à la présidence. Un jour le plus jeune des deux, entre dans le bureau de son père, et lui demande de lui céder ses parts de la compagnie. Il avait envie de faire autre chose. Son père, s'empressa de lui remettre ses papiers. Le jeune pris le premier avion pour Las Vegas. Il fit la grosse vie, tournée des casinos, champagne à volonté. Il revenait à son luxueux appart aux petites heures du matin, jamais avec la même femme. Son compte de banque a vite souffert de ce rythme de vie.

Une crise économique a frappé cette région, et le jeune a dû cesser ses activités, et se trouver un travail. Un "job" dans l'alimentation animale. Pas très payant… très exigeant physiquement. Pour lui, ça signifiait: passer du filet mignon au "TV diner"… en spécial… la descente était abrupt. Il pensait à son ancien emploi. Se rappelant que même les employés au bas de l'échelle étaient bien payés, bien traités dans l'entreprise familiale. Il se dit en lui-même. "Je vais retourner chez mon père et lui dire: Père, j'ai péché contre Dieu et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Fais comme si j'étais l'un de tes employés."

 

Comme il approchait de l'édifice, son père l'aperçoit de la fenêtre de son bureau, au 4e étage. Il s'élance à toute allure par les escaliers au lieu de prendre l'ascenseur. Il se jette dans les bras de son fils, en larmes, mais tellement heureux de le voir revenir. Le fils prend la parole: "Père, j'ai péché contre Dieu et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils," Mais le père s'empresse de prendre son cellulaire, il parle à sa secrétaire en ces mots:"Bonjour Suzanne !… SVP !…annulez mes rendez-vous et tout ce qu'il y a dans la salle de conférence, on organise un 5 à 7 pour célébrer le retour de mon fils. Contactez le traiteur, et mettez le paquet sur le menu. Je veux de la musique, du champagne… veuillez à ce que rien ne manque. Mon fils est enfin revenu !"

 

Son frère aîné, sortant d'une réunion, voyant une grande fébrilité autour de lui, demande à Suzanne ce qui se passe. Elle lui répond: " Monsieur !… votre frère est revenu !!!… et votre père organise un gros 5 à 7 pour souligner son retour !..." Rouge de colère, il s'enferme dans son bureau en claquant la porte. La fête était commencée quand le père constate que son fils aîné est absent. Il se dirige vers son bureau et lui demande pourquoi il ne se joint pas à la fête: "Écoute!… Depuis de nombreuses années, je travaille pour toi, je me défonce. J'ai toujours suivi tes directives à la lettre. Pourtant, tu ne m'as jamais donné ne serait-ce qu'une petite part des bénéfices de la compagnie, rien pour partir un simple week-end avec mes amis… puis l'autre se présente la face, après avoir flambé sa part dans les casinos, avec un harem de femmes, à se saouler la "bolt" et je te ferai grâce des détails… Monsieur revient avec un "pack sac", ce qui reste de la part que tu lui as donnée, et tu lui organises un party en engageant le traiteur le plus dispendieux en ville, avec tambours, trompettes et des "balounes" !…Il te manque un clown et tu viens me chercher ?… non merci !… tu vas me dire qu'il avait le "droit à l'erreur" je suppose ? ". Et le père de répondre: "Mon fils, toi, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Mais il fallait faire la fête et nous réjouir. En effet, ton frère qui est là était mort et il est revenu à la vie. Il était perdu et il est retrouvé." 

 

Je fais un arrêt sur image. Volontairement j'ai ajouté "le droit à l'erreur" parce qu’à notre époque, tôt ou tard, dans une conversation similaire, on l’aurait entendu, même si le texte original n’y fait pas référence. Mais, pourtant, on en parle indirectement. L'erreur se trouve justement dans le fameux droit à l'erreur. Le fils en colère s'est arrêté, à l'erreur, ou si vous préférez, au péché de son frère, et sur lui-même. Le père, de son côté, a plutôt mis l'emphase sur la repentance de son fils. Il célèbre, pour ainsi dire, l'abandon de la pratique du péché, son passage de la mort à la vie. C'est ce que Jésus fait ressortir, fortement dans ce texte. Une nuance fort importante à mon avis. Remarquez également la chronologie des choses, la repentance puis le pardon. Qui dit repentance, dit forcément aveu, ça va de soit: "Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité." (1 Jean 1:9) 

 

Plusieurs chrétiens qui connaissent des moments de chutes dans leur vie, ont beaucoup de peine à "revenir", même après s'être repentis. Comme si leurs fautes avaient préséance, et leur repentance complètement passée sous silence. Plusieurs se font bombarder de leçons de moral, de versets, ce faisant remettre constamment leurs transgressions sur le nez, au point où, ils ne retrouvent que difficilement et parfois jamais leur place dans leur famille, leur communauté, leur église. Dans ce récit de Jésus, on sent une forte compassion du père pour son fils, un amour qui lui ouvre la porte. Peut-être devrions-nous remplacer le "droit à l'erreur" par "la nécessité de l'amour". Pécher, n'est pas un droit, mais une désobéissance à Dieu. Volontairement ou involontairement, tôt ou tard, je vais trouver le moyen de pécher, et ça ne me justifie pas pour autant. En contre partie, l'amour divin arrange bien des choses qu'on aurait peine à justifier humainement. La réaction du père envers son fils, ne cautionne en rien les péchés du jeune homme, elle agit plutôt comme stimulant dans son processus de repentance, reflétant la grâce que Dieu déverse sur ses enfants: "Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu; et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ." (Romains 3:23-24)

 

Le pécher est engendré par la chair en nous, rien à voir avec un droit, mais une conséquence d'un événement qui remonte au jardin d'Eden. Aimer, par contre, est un choix volontaire de suivre une direction divine, ce choix découle d'une liberté que nous confère Jésus-Christ: "Je vous donne un commandement nouveau: Aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres." (Jean 13:34). En ce qui me concerne, le fameux "droit à l'erreur" est, plutôt, l'amour que quelqu'un me témoigne, lorsque je reconnais au préalable, avoir commis une faute envers cette personne, gardant à l'esprit cette vérité:" mais, avant toutes choses, ayant entre vous un amour fervent, car l'amour couvre une multitude de péchés;"(1 Pierre 4:8) version Darby.

Certains pourraient dire:"C'est bien beau pardonner mais il y a des limites !…" Jésus semble avoir son idée sur le sujet, comme en fait foi le passage suivant: "Alors Pierre, s'approchant de lui, dit: Seigneur, combien de fois mon frère péchera-t-il contre moi, et lui pardonnerai-je? Sera-ce jusqu'à sept fois? Jésus lui dit: Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix fois sept fois."

(Matthieu 18:21-22) version Darby.

 

Je ne voudrais pas que vous pensiez que j'applique tout ceci à la lettre, et que je suis en train d'essayer de vous faire la leçon, que je suis l'exemple à suivre, oh que non !... Je ne fais qu'écrire ce qu'affirme la Parole, ce que L'Esprit me met à coeur. Je suis aux prises avec les mêmes luttes que vous, j'ai par contre accès aux mêmes victoires divines, détail important. Dieu nous montre que si nous témoignons de la compassion, de l'amour, pour un frère ou une sœur qui est ou qui sort d'une situation dans le péché, qui montre des signes, un désir de repentance, nous donnons à L'Esprit Saint, tout l'espace pour qu'il fasse SON œuvre envers cette personne.

 

Tenant compte que le salaire du péché (de l'erreur) c'est la mort (Romain 6:23a), en tant qu'enfant de Dieu, je me réclame, d'emblée, non d'un droit, mais de l'assurance de la vie éternelle que me confère ma foi en Jésus-Christ, mon Seigneur, un don gratuit de Dieu.(Romain 6:23b) La réalité, c'est que malgré le fait que j'aie été mis à part, que je sois le temple de l'Esprit Saint(1 Corinthiens 3:16), ma chaire me fait dévier à l'occasion et même trop souvent à mon goût, je le reconnais, et j’imagine que c'est la même chose pour un bon nombre d’entre vous. Mais ça n'a rien d'un droit, à mon avis du moins. Autre point, la forte réaction du fils aîné, refléterait-elle une attitude, une tendance contemporaine ?…je vous laisse répondre à celle-là.

 

Si nous remplacions ce droit par "la nécessité d'amour" nous pourrions certainement nous attendre à de puissantes manifestations divines, pour des situations qui nous paraissent sans issue. Qu'avons-nous à perdre en adoptant cette attitude ? Jésus ne nous a pas donné ces histoires, ces paraboles, pour rien. Ce sont des indications claires de la marche à suivre dans notre quotidien selon la volonté du Père céleste, qui a toujours une main tendue pour chacun de nous, beau temps, mauvais temps.

 

Je tiens à terminer sur un extrait des paroles d'une superbe chanson de mon bon ami Réjean Simoneau. Le titre de la chanson: Le fils prodigue

 

"J’étais fasciné par la ville

Et par ses néons qui scintillent

Où m’attendaient étoffes et bijoux

De ces femmes à mon cou

Le temps a freiné mes habitudes

J’ai côtoyé l’incertitude

Et j’ai dormi le long des quais

Dans un hangar abandonné

 

Pardonne-moi Abba

J'n'ai pas oublié l'amour de tes bras

J'ai péché contre toi

J'ai prié le ciel de revoir le soleil"

 

Je vous souhaite une très bonne méditation !

 

"De même, je vous le dis, il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de repentance."

Luc 15:7

 


 

 


Lorsque vous apercevrez cette petite colombe c'est qu'il y a nouveauté!



  
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